Encadrer-et-manager.com Encadrer un métier impossible?

Proximité et distance dans l’activité d’encadrement

Proximité et distance spatiales et sociales dans la professionnalisation de l’activité de direction et d’encadrement

Intervention de Frederik Mispelblom Beyer
Rencontre « managers » EDF/GDF Distribution Arras

0. Présentation de l’intervenant et fils conducteurs
-tenter de « dire le vrai » sans juger
-importance du langage au travail
-une définition du pouvoir dans l’entreprise selon trois registres :
* le pouvoir institutionnel et financier (statuts, attributions : la pyramide)
* le pouvoir trans-hiérarchique (les orientations de l’autorité : la pyramide inversée)
-le social au coeur des techniques (ex : les rapports entre techniciens et commerciaux)
* équipes, services, métiers ne sont jamais homogènes mais « divisés »
-une cartographie de l’activité d’encadrement comme « table d’orientation »
-des principes d’analyse dont peuvent découler des règles d’action
-l’encadrement en chair et en os et l’encadrement des contraintes sociales et techniques : peut-on s’en passer ?

1. La position intermédiaire de l’encadrement (marteau/écume)
-position, place, statut
-contraintes « extérieures » (droit du travail, clients) et « intérieures »
-une position entre des « hauts » et des « bas » aux contours variables et multiples pressions
-des rapports soustendus par les couples responsabilité/exécution, confiance/méfiance, complicité/hostilité, grandes délégations ou délégations rétrécies (d’où « malaises » récurrents)
-à ne pas confondre : strates hiérarchiques occupées, pouvoirs réels, et manières de les occuper (traduire et interpréter)
-chaque « instance » est représentée par des personnes en chair et en os avec leurs « sensibilités » différentes
-la position particulière de l’encadrement dit « de proximité » :
* proximité et distance spatiale
* proximité et distance sociale
-les NTIC
-les contraintes du corps et de la morale : le management est aussi « physique » (ex : transports)
-hommes et femmes

2. Des activités où il s’agit de « ferrailler » en tenant une position
-situation, poste et activité
-équipes et « personnalité » se conjuguent
-choisir, trancher : Là n’est pas là
-tout peut devenir problème, y faire face en faisant feu de tout bois
-astuces « personnelles », expérience acquise sur le tas, apprentissage par des « mentors » et méthodes de management s’y combinent

3. Des activités qui consistent à tenter de définir le sens de l’organisation et du travail
-signification et direction
-amont et aval « matériels » du sens
-perte totale de sens où « trop » de sens contradictoires sans hiérarchie ?
-la définition du sens : les « mots au quotidien au bon endroit et au bon moment » (la « spontanéité ») et les « grands discours » (qui se préparent)

4. Des activités qui consistent à tenter de créer des terrains d’entente
-s’entendre avec le « haut » : comprendre les directives-accepter des compromis
-s’entendre avec le « bas » : contrer des oppositions, créer des majorités, faire des concessions
-être « proche » de toutes et de tous, tout en gardant la « bonne distance » (le manager représente le « tout », donc pas une partie)
-la force de l’encadrement vient à la fois de ses délégations « d’en haut », et de ceux qu’il encadre
-d’où vient le plaisir au travail (et l’ennui) ?

5. Un enjeu stratégique : unifier certaines orientations du travail
-ORIENTATIONS : un concept stratégique
-ORIENTATION : les « valeurs » en actes et en situation
Exemple : dans les démarches qualité, il y a des attitudes de :
* « croyants » : la qualité c’est ce qu’il y a de mieux, c’est une question de spécialistes, il faut y croire pour convaincre, les procédures doivent être suivies et contrôlées
* « distancés » : dans la qualité il y a des avantages/inconvénients, ne pas oublier les contraintes du travail réel, c’est aussi une affaire de généralistes
-langages spécialisés et parlers ordinaires
-le « on » et le « of » (dit « informel », rumeurs, blaques etc)
-l’un des secrets les plus évidents et les moins connus de l’activité d’encadrement
-dimensions personnelles, professionnelles et politiques des orientations
-la question-clé : différencier ce qu’on doit faire de la manière de le faire
-l’exemple d’un manager moderne : maintenir la solidarité dans une entreprise du Cac 40

6. Diriger et encadrer c’est tenter de faire entrer des orientations dans des cadres opérationnels
-des actes de parole
-aux paroles en actes
-le principe du Non-Pas-Mais
-le don d’ubiquité de l’encadrement
-à propos de productivité, d’efficacité et d’efficience : le vrai-faux modèle du « privé »
-un sou est-il un sou et l’argent est-il sans odeur ?

7. Un dernier secret bien gardé
-pas d’émission-réception 5 sur 5, pas de langage sans malentendus
-à l’impossible nul n’est tenu
-les « échecs » de communication donnent parfois plus prise sur le réel
-un métier comme un autre ? Les tentatives de professionnalisation et leur inégal succès

Bibliographie succincte

F. Mispelblom Beyer : Encadrer, un métier impssible ? Armand Colin, 2006
Idem : Au-delà de la qualité : démarches qualité, conditions de travail et politiques du bonheur, Syros/La Découverte, 1999 (2ème édit. epuisée)
Idem : Travailler c’est lutter, L’Harmattan (fin 2007)
Site web bibliographie du GDR cadres

Pour les travaux du cycle « arts de la guerre et interprétation de la vie civile » : mispelblom@wanadoo.fr et www. Encadrer-et-manager.com

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