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Les patrons

Depuis vingt ans au moins les dernières tendances du management à la mode prédisent ou feignent de constater la disparition des « patrons » et des « chefs », au profit de managers gentils animateurs des organisations, des services et des équipes. Or, force est de constater au contraire que même si les patrons sont un peu plus (faussement, étant donné les stock options et les golden handshakes-parachutes dorées- à leur départ) salariés qu’avant, et un peu plus souvent spectactulairement remerciés ou débarqués quand selon leur conseil d’administration ils ont failli à leur mission, ils ont non seulement survécu aux prophéties managériales mais ont même accru leur importance et leur nombre.

Ils ont accru leur importance car dans la guerre de positions que se livrent les entreprises dans des luttes de concurrence de plus en plus acharnées (qui n’excluent pas en même temps des « arrangements » de divers sortes, comme cela s’est produit entre opérateurs des télécommnications) les patrons ayant acquis une réputation de « sauveur » ou de « redresseur », sont appelés comme les hommes (très rarement femmes) providentiels pour sauver telle entreprise au bord du gouffre financier. Cela accroît leur pouvoir dès leur entre dans l’entreprise, entrée dont les conditions sont durement négociées.

Mais ils ont aussi accru leur nombre, car dans bon nombre d’organisations, notamment publiques, ou semi-publiques, où régnait auparavant un management un peu consensuel (« surtout pas de vagues »), les tutelles ou conseils d’administration demandent de « faire le ménage », de « mettre la pression », et surtout, demandent à ce que celles et ceux qui dirigent et encadrent se rangent clairement du côté de la direction, et deviennent donc plus « chefs » qu’avant.

Cette situation a des inconvénients et des avantages, tout dépend de quel côté l’on se place.

L’un des inconvéients est une certaine rigidification des relations sociales, qui peut avoir deux effets opposés au moins : d’une part, le fait qu’il y ait un « vrai patron » peut raccourcir la chaîne des décisions et la rendre plus opérationnelle, plus effective, les ordres étant suivis d’effets en un temps plus court; d’un autre côté, cela peut amener le fait que tout le monde « ouvre son parapluie », refuse désormais de faire ces petits arrangements locaux qui mettaient de l’huile dans les rouages, et donc finalement, cela peut rendre l’organisation elle-même moins réactive dans son ensemble. Pour l’ encadrement , cela interpelle ses stratégies alternatives encadrement.

Mais comme le disait Machiavel : la vie consiste à tomber d’un inconvénient dans un autre, et on appelle « bien » celui qu’on juge le moins mauvais.

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