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Diriger et encadrer

Diriger , manager et encadrer sont les trois verbes qui figurent en titre du site Encadrer-et-manager. L’ordre choisi entre ces trois verbes et leur déclinaison « en escalier » a son importance : diriger est l’activité la plus « haute » au sens où elle s’effectue au sommet hiérarchique des organisations, et est placée « au-dessus » de l’encadrement dans l’échelle des pouvoirs de celles-ci, et encadrer se situe plus bas sur les barreaux de cette échelle. Ce positionnement hiérarchique est à la fois classique et actuel. Classique car il s’agit d’un invariant historique : on trouve par exemple chez Machiavel une topologie (une représentaiton spatiale) des rapports de pouvoir qui régissent la société, transposable à notre problème, qui comprend trois forces principales à savoir Le Prince, Les Grands (l’aristocratie) et le Peuple. L’un des commentaires que fait Machiavel sur les rapports entre ces trois forces est que le Prince, pour « gouverner », doit s’appuyer sur le Peuple pour « brider » les Grands. Le Prince, c’est la Direction Générale, le PDG (laissons pour le moment de côté l’existence des Tutelles, des actionnaires et des conseils d’administration).

Direction, encadrement et salariés « de base » forment ainsi les trois forces fondamentales des organisations (entreprises, mais aussi institutions), et une bonne partie de leur évolution peut s’expliquer par le « jeu » et les changements dans les rapports de force entre ces trois protagonistes. La Direction dirige, et l’encadrement encadre : mais quelles sont les différences fondamentales entre ces deux activités ?

La Direction est (plus ou moins, d’où par exemple l’enjeu de passer d’une direction « bicéphale » avec d’un côté un Directeur de l’autre un Président, à l’unique PDG) « unique »; l’encadrement est relativement multiple. La Direction concentre généralement les pouvoirs les plus importants (en particulier : pouvoir financier, organisationnel, de récompense et de sanction, ces derniers relevant du domaine de la DRH), l’encadrement dispose de pouvoirs délégués (d’où le titre de « salariat de confiance » qui lui est souvent attribué). La Direction suit une certaine politique (ce sont ces « orientations fondamentales ») en élaborant pour cela des stratégies qui peuvent changer sans que ces orientations de fond changent, tandis que l’encadrement « traduit » ces orientations en « cadres opérationnels d’action ». Qu’il les traduit veut dire qu’il y met du sien, qu’il interprète, qu’il adapte les directives générales aux conditions particulières (par exemple aux caractéristiques des équipes encadrées). L’encadrement n’est pas une simple courroie de transmission, mais un « adaptateur actif », et dans ce sens il fait constamment des choix entre plusieurs alternatives de « traduction » possibles.

Et manager ? Ce verbe est placé « entre deux », entre diriger et encadrer, car il est si répandu et si polysémique qu’il s’applique aussi bien aux dirigeants qu’aux cadres : le « management » pouvant désigner à la fois une catégorie de personnels, dont les dirigeants (le « top management »), et une activité ou ue méthodologie (précisément une méthodologie d’encadrement). Le terme de management sert ainsi de lien symbolique et de liant pour unifier de manière imaginaire les dirigeants et l’encadrement, jusqu’à ses niveaux les plus bas (ce qu’on appelle l’encadrement de proximité ou de « 1ère ligne », terme à connotation militaire).

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Article paru dans la revue Personnel Les objectifs de l’encadrement cadres àhaut potentiel