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Commander ses troupes

Dans l’activité d’ encadrement on distingue le « commandement traditionnel » du « management moderne ». Aujourd’hui, « bien manager » suppose de faire de l’animation plutôt que du commandement. Ce dernier est connoté par ses références militaires, où l’on parle de « chefs », où l’on donne des « ordres » auxquels il faut obéir de manière stricte, car le maintien de la discipline militaire en dépend. Dans les entreprises modernes, grâce aux nouvelles méthodes de management, les « chefs », tout comme le « patron », les ordres et la discipline, auraient disparu pour laisser place aux « partenaires », « collaborateurs », à « l’animation » et à la coopération volontaire et même « entrepreneuriale ».

Pourtant, dans les entreprises, lancées depuis plusieurs années dans ce qu’on appelle une « guerre économique » sans merci avec les concurrents (guerre qui n’exclut pas l’existence d’ententes et autres pactes de non-agression), le langage militaire persiste voire refleurit : on va « à l’assaut » des concurrents, on « mobilise » les salariés, qui doivent s’approprier chacun à sa place la « stratégie d’entreprise » afin de mieux vaincre les concurrents.

Un autre paradoxe est qu’au sein de l’armée, qui a connu des transformations importantes notamment avec les « missions de maintien de la paix » et la fin du service militaire, le haut commandement cherche à s’inspirer des nouvelles méthodes du management moderne pour changer les formes de commandement antérieures.

Entre le commandement militaire et l’ encadrement en entreprise il y a ainsi au cours des siècles des va-et-vient, des emprunts réciproques, qui font que le premier n’est jamais très éloigné du second. Car dans les deux cas, il s’agit de faire en sorte que des gens qui n’ont pas nécessairement envie ni de se faire tuer ni de travailler à qui plus plus, « y aillent quand même ».

Mais un autre aspect du « commandement traditionnel » doit être souligné. Les méthodes modernes de management le critiquent souvent pour son aspect « autoritaire ». Ce qui est peut être vrai, mais cet aspect autoritaire n’exclut pas par ailleurs une « attitude humaine et humaniste » de la part d’un encadrement qui ferait du commandement (et non pas du management). Il est des situations, comme le combat en situation de guerre, mais aussi le maniement d’un bateau, la conduite d’un train, d’un métro ou d’un avion, où « commander en étant obéi à la lettre » est vital. Mais cela n’exclut pas l’admiration voire l’amour pour le chef qui commande.

Voir aussi dans la rubrique encadrement/nouveaux savoirs d’action,
et le thème : stratégies alternatives d’ encadrement

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