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Les « vrais » chefs de retour

Après des années de « soft management » affirmant qu’il n’y avait plus ni chefs ni patrons, ni pouvoir ni luttes, mais seulement de gentils animateurs et des collaborateurs à égalité avec leurs supérieurs qu’on n’appelle plus ainsi. Or, voilà que les chefs sont de retour. Non seulement dans les entreprises, d’où ils n’avaient jamais vraiment disparu, mais aussi dans les organisations publiques, où les politiques de modernisation et les tendances à la privatisation insistent sur la nécessité pour l’ encadrement d’être plus strict et plus ferme, et de « dire clairement quand un travail est mauvais ». Ici et là on assiste ainsi à des formes d’autoritarisme (qui n’ont pas grand chose à voir avec l’ autorité ) qui ne se cachent plus, et qui enguirlandent les subordonnés en s’en donnant à coeur joie.

Parfois, cela réussit à « mettre les gens au pas », à faire que tout le monde est au « garde à vous », une fois qu’on a « fait le ménage » et la chasse aux brebis galeuses. On peut alors en conclure qu’on travaille mieux, plus vite, avec une meilleure qualité, qu’avant.

Mais un autre effet, contraire, peut se produire aussi. Dans les anciens compromis sociaux, avec l’accord tacite de l’ encadrement et du management , des formes d’autonomie réelle existaient, impliquant que les gens faisaient « tout seuls » ce qu’ils avaient à faire, ayant intérriosé les grands principes de la stratégie générale, adaptés aux circonstances qu’eux seuls sur le terrain pouvaient vraiment apprécier.

Quand ces compromis sont cassés par l’arrivée des « chefs chefs », un effet fréquent est que tout le monde sort son parapluie, cesse de prendre des initiatives, et ralentit de ce fait l’activité de l’organisation. C’est ce qui s’est produit récemment en Corse, avec ce qu’on appelle « l’affaire Clavier », qui a vu le coordinateur des forces de sécurité, Dominique Rossi, être limogé pour avoir voulu « calmer le jeu » en n’intervenant pas dans une occupation pacifique du jardin de l’acteur, refusant ainsi de « faire mousser » une manifestation qui était sur le point de se dégonfler sans faire de bruit…mais en a fait mille fois plus du fait de ce limogeage.

Le journal Le Monde écrit le 26 septembre 2008 : « Personne ne se sent à l’abri d’une soudaine mesure disciplinaire. Le principe de précaution est décuplé. Le moindre doute sur l’importance d’un incident mineur fait l’objet d’un rapport immédiat aux autorités supérieures. Quinze gendarmes, par exemple, gardent désormais, jour et nuit, la villa de l’acteur. « Les indépendantistes n’en demandaient pas tant », constatent les policiers.

A efficacité, efficacité et demi ? Ou demi efficacité ?

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